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Alpen_f
Kalman Kovári,
em.
Prof. ETHZ
Robert Fechtig,
em. Prof.
ETHZ
Percements
historiques
de tunnels alpins en Suisse
St-Gothard,
Simplon, Lötschberg
Aujourd'hui
nous
sommes les témoins d'une nouvelle renaissance de la
construction ferroviaire en
Suisse. La capacité requise par le réseau
planifié et la nécessité actuelle de
tenir compte des aspects écologiques poussent vers la
construction de longs
tunnels en profondeur sous les Alpes. Le tunnel de la Vereina vient
juste
d'entrer en service et les deux tunnels de base, celui du St-Gothard
(57 km) et
celui du Lötschberg (35 km) sont déjà en
construction. Au centre de ces
développements, la construction de tunnels, une des plus
anciennes disciplines
du génie civil, fait face à de nouveaux
défis et à des possibilités techniques
inespérées. A côté des
aspects constructifs, les problématiques politiques et
de planification sont tout aussi importantes dans la
réalisation de telles
structures.
Posées
ces bases,
il vaut la peine de faire un pas en arrière pour regarder
les débuts de la
construction de tunnels dans les Alpes et quelques points de
repère de son
développement à partir des années 50
et 60 du XXème siècle. Le premier passage
ferroviaire important sous les Alpes a été le
tunnel à double voie du Mont
Cenis entre l'Italie et la France, qui fut construit en
1857–1871. Une
particularité novatrice de ce projet a
été la mécanisation de la perforation
des trous de mine. Basée sur le principe de la transmission
d'énergie par l'air
comprimé comme proposé par le physicien suisse J.
D. Callodon, un chariot de
forage a été construit et mis en service par
l'ingénieur italien G. Sommeiller,
un pionnier des tunnels à travers les Alpes. Le grand projet
de tunnel suivant,
celui de 15 km à double voie du St-Gothard en Suisse
(1872– 1881), a vu le
remplacement de la poudre noire par la dynamite, inventée
par Alfred Nobel. D'autres
projets de tunnels sous les Alpes sont devenus
célèbres pour avoir franchi des
difficultés géologiques importantes, parmi eux le
tunnel de l'Arlberg
(1880–1884, de 10,3 km de longueur, en Autriche).
La
construction
des premiers tunnels ferroviaires sous les Alpes a eu son point
culminant dans
le creusement du tunnel du Simplon de 19,8 km entre l'Italie et la
Suisse. Le
projet comprend deux tubes parallèles à voie
simple (Simplon I et II) avec des
liaisons tous les 200 m. Les conditions topographiques du Simplon,
où le
recouvrement atteint 2200 m, ont permit seulement deux points
d'attaque, aux
extrémités. Par sa grande longueur, la
température élevée de la roche
(jusqu'à
55,4 °C), le peu de reconnaissances géologiques, et
les conditions de roche
poussante et avec apparition d'écailles, ce tunnel est l'un
des points de
repère dans l'histoire de la construction de tunnels.
Simplon I a été construit
en 1898–1906, Simplon II a été mis en
service en 1921. Le tunnel du Lötschberg
d'une longueur de 14,6 km a été construit comme
prolongement naturel de la ligne
ferroviaire sud–nord entre 1908 et 1913. Pendant environ 70
ans le tunnel du
Simplon a été le plus long tunnel ferroviaire
dans le monde entier jusqu'en
1984, date à laquelle il a été
déclassé par le tunnel de Seikan au Japon, d'une
longueur de 54 km. Le projet et les comptes rendus des
séances sont liés aux
ingénieurs allemands A. Brandt, K. Brandau et K. Pressel,
aux ingénieurs
suisses Ch. Andreae, E.
Locher, F. Rothpletz, E. Wiesmann,
et al. Pour
la première fois,
la roche poussante a été correctement
interprétée en relation avec la formation
d'une zone plastique autour de la cavité. Une des
principales caractéristiques
de la roche poussante – c.-à-d. la pression de la
roche diminue avec
l'augmentation de la convergence du tunnel – a
été clairement formulée par
Wiesmann comme suit: «Pour chaque fraction de
millimètre de déformation de la
roche, la pression de la roche diminue.»
La
période après
la Première Guerre mondiale a été
dominée par la construction d'aménagements
hydroélectriques, atteignant un sommet dans les
années 70. L'importance du
volume de constructions liées aux projets
hydroélectriques dans les Alpes peut
être mesurée par la longueur des galeries
d'amenées d'eau – plus de 10'000 km –
et par le nombre de cavernes souterraines pour les usines. Cette
période a vu
une autre modification révolutionnaire dans la technologie
de construction des
tunnels. Suivant les développements aux Etats-Unis, les
étais en bois ont été
remplacés
par des systèmes de soutènement en acier. Pendant
la même période, de considérables
progrès ont été observés
dans la technologie de perforation et de minage,
particulièrement favorisés par les scientifiques
suédois, en particuliers par
U. Langefors.
Un
grand pas technologique
dans la construction de tunnels correspond à l'utilisation
du béton projeté et
du boulonnage comme nouveaux éléments du
soutènement. La première machine pour
le béton projeté fut inventée
aux Etats-Unis,
et par la suite développée en Allemagne
où, dès les années 20 et 30, elle
trouva des applications dans la construction
de galeries et dans les mines. Le revêtement en
béton projeté armé a
été
utilisé dans un grand nombre de tunnels en Grande-Bretagne
(p. ex. tunnel
de Mersey), ce qui
a conduit à la publication du manuel sur les ouvrages
exécutés en béton projeté
à Londres en 1934. Grâce au perfectionnement et
aux brevets enregistrés par les
ingénieurs suisses, les machines pour le béton
projeté ont atteint le stade de
la production industrielle dans les années 50 et 60. Les
bases étaient posées
pour l'utilisation généralisée du
béton projeté comme soutènement
provisoire. L.
Rabcewicz, ingénieur autrichien, a écrit en 1964:
«La première utilisation
couronnée de succès de stabilisation de surface
par l'application de béton
projeté pour tunnels dans des terrains instables, comme
partie intégrante du
procès de construction au lieu d'utiliser des
étais en bois ou en métal comme
soutènement provisoire, a été celle du
tunnel Lodano–Losogno pour les
aménagements hydroélectriques de la Maggia,
Suisse 1951–1955».
L'introduction
de
la technologie du boulonnage dans les tunnels a aussi
été le résultat d'une
vaste collaboration internationale. Lang (Etats-Unis) en 1961, dans son rapport
sur
l'état des connaissances sur le boulonnage concluait:
«Il faut rendre un
hommage spécial à l'industrie minière
américaine pour son travail de promotion
et de développement du boulonnage.» Une recherche
systématique a été
réalisée
en 1948 par le Bureau américain des Mines, en
Suède et en collaboration avec le
gigantesque aménagement hydroélectrique de Snowy
Mountains en Australie. Dans
les Alpes, l'utilisation systématique du boulonnage dans les
tunnels a été
introduite dans la construction de la galerie en pression de 11,7 km de
longueur pour l'aménagement hydroélectrique de
l'Arc Isère en France
(1951–1953). La première application
systématique du béton projeté et du
boulonnage pour un tunnel routier à grande section (tunnel
de Schwaikheim,
1963–1965) est à attribuer à
l'ingénieur allemand J. Spang. Des personnalités
mondialement connues comme T. A. Lang (Etats-Unis), A. Sonderegger (Suisse), F.
Mohr
(Allemagne), M. J. Talobre (France), parmi tant d'autres, ont
contribué d'une
façon considérable pendant les années
50 et 60 à l'art de la construction des
tunnels conduisant au développement de la dite
«méthode de construction de
tunnel avec du béton projeté», ou
méthode du «sprayed concrete lining
(SCL)». Grâce
à ça, la construction de tunnels avec
soutènement en béton projeté et
boulonnage et autres moyens de soutènement s'est
développée sur une vaste
échelle internationale.
Ce
livre raconte
l'histoire des quatre plus importants longs tunnels à
travers les Alpes
suisses, avec une longueur totale d'environ 87 km. Le tunnel
ferroviaire du
St-Gothard, le tunnel du Simplon, le tunnel du Lötschberg et
le tunnel routier
du St-Gothard. La construction de ces tunnels se situe entre 1872 et
1980.
La version originale du
livre a
été publiée en 1996 en allemand. Ce
livre a vu le jour à la suite de l'exposition
«Percements historiques de
tunnels alpins en Suisse» qui a eu lieu pour la
première fois en 1996 au Musée
pour l'art du génie civil à Ennenda, canton
Glaris, Suisse. D'autres
expositions ont été organisées par la
suite dans plusieurs villes en Autriche,
Allemagne et Suisse. Le livre est aussi disponible en anglais et en
italien.
128
pages
73
illustrations
(coloré)
9 photos (nb)
134 photos (duoton)
20,5
cm x 23,0 cm
Paperback
ISBN-13:
978-3-7266-0041-9
ISBN-10: 3-7266-0041-8
EAN-Code: 9783726600419
Titre
original: Historische
Alpendurchstiche in der Schweiz
Langue: français
anglais,
allemand,
italien
Tunnelbau
Gotthard
Simplon
Lötschberg
Bahntunnel
Strassentunnel
Alpendurchstiche
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